D’après une enquête du cabinet McKinsey, 13 millions de Français auraient une activité indépendante – non exclusive la plupart du temps.

Cette large proportion recouvre aussi bien l’utilisation d’un service de covoiturage payant ou la sous-location de son appartement qu’une activité free-lance régulière.

Le « travail ouvert » défini par Patrice Flichy, c’est à dire marquant une forme de continuité entre travail et loisirs, deviendrait-il la nouvelle donne ?

Pour le chercheur et professeur de sociologie à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, « le travail ne se résume plus au salariat ou à l’indépendance. On observe de plus en plus une continuité entre les activités de loisirs et celles qui relèvent traditionnellement du travail ».

Hackers et hippies, une même utopie

Ces frontières moins étanches entre loisirs et travail s’expliquent par la « volonté d’autonomie » et la résurgence d’une forme d’utopie qu’on retrouve aussi bien chez les hippies que chez les hackers.

Lors de la dernière édition de la Maddy Keynote, le sociologue a présenté quelques itinéraires emblématiques de ce « travail ouvert ». On retrouve notamment celles et ceux qui vivent de leur passion, par exemple des développeurs informatiques qui sont également des militants de l’open data, ou encore des graphistes qui alternent projets personnels et projets de clients.

On peut aussi « changer sa vie en professionnalisant ses passions », à l’image de ce contrôleur de gestion, fan de BD, devenu dessinateur reconnu ; ou encore « avoir une double vie », comme cette assistante médicale qui met à profit soirées et week-end pour fabriquer des bijoux qu’elle vend via internet ou sur des marchés. Enfin, « avoir une deuxième vie » permettant une source de revenus complémentaires, comme ces propriétaires de logement qui recourent à Airbnb.

Les deux faces du numérique

Le « travail ouvert » a tendance à mobiliser des compétences que l’on ne trouve pas forcément sur le CV. Le numérique joue ainsi un rôle essentiel dans sa montée en puissance. Par exemple, n’importe qui peut aujourd’hui apprendre à utiliser le langage de programmation Python grâce à des tutoriels vidéos.

Pour Patrice Flichy, « le “travail ouvert” s’appuie beaucoup sur des outils d’autoapprentissage et des plateformes en ligne, celles-ci ayant quatre caractéristiques : démocratiser l’échange et la vente, encourager le jugement, proposer un outil de confiance et de sécurité, et offrir des chemins de traverse aux outsiders ». Ces outils digitaux s’appuient sur des algorithmes qui « cadrent complètement la relation, attribuent les clients aux personnes proposant leurs services et  éventuellement calculent la rémunération ».

Derrière la liberté offerte, le sociologue constate ainsi un cadrage extrêmement fort : « Le numérique a toujours deux faces. Il offre des opportunités pour être plus autonome, libérer le travail, tout en mettant en place des outils d’oppression ». Source FocusRH.com

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